L'EGLISE SAINT CHRISTOPHE

Une église est citée à Luemschwiller à la fin du 13e siècle. Le clocher-porche, anciennement clocher-choeur, pourrait dater en partie de cette époque, la voûte étant certainement postérieure, du 15e siècle selon Kraus. Une campagne de reconstruction ou d'amélioration a pu intervenir à la fin du 15e siècle, contemporaine de l'armoire eucharistique (étudiée) datée de 1465. En 1869, l'édifice est arraché sauf le clocher. On reconstruit une nouvelle nef et un choeur, tourné vers l'ouest, intégrant le clocher sans le rehausser. Les plans sont dus à l'architecte Schwartz, d'Altkirch, selon un modèle que certains auteurs donnent comme "suisse". Elle est achevée en 1872.


L'église se compose d'une vaste nef rectangulaire à 6 travées, d'un choeur à 2 travées et d'un chevet à 3 pans. L'ensemble est d'inspiration néo-romane. Le clocher porche (ancien clocher-choeur) est voûté au rez-de-chaussée sur arêtes, avec clé de voûte circulaire et retombées sur consoles moulurées. A l'intérieur, plafond polygonal à 3 pans décoré de panneaux. Décor d'arcatures aveugles, de frises et de pilastres à chapiteaux ornés de feuillages.

L'HORLOGE

Quand l’horloge est construite en 1860, l’église que nous connaissons n’a pas été encore transformée et le clocher n’a pas subi les travaux inhérents à ces agrandissements. Lors de ces travaux, en 1870, un des deux cadrans, qui est installé du coté donnant sur la rue des Seigneurs est supprimé. Il ne reste en place aujourd’hui comme preuve de l’existence de ce deuxième cadran, qu’une planche soutenant un axe métallique sortant d’un boitier d’engrenage.  
De 1978 à 1980, Monsieur Kuentz Marcel, chargé de l’entretien de cet antique mécanisme est obligé de le remonter tous les jours. Electro-technicien à la SACM, il propose d’automatiser les vieux engrenages à l’aide d’un moteur électrique manœuvrant une multitude de câbles permettant le remontage journalier des poids de l’horloge et actionnant la sonnerie des cloches. L’électrification de l’ensemble est assuré par Germain Goepfert. Grâce à cette modernisation, elle pourra ainsi fonctionner de nombreuses années. 
La vieille horloge qui nécessitait un remontage à la manivelle toutes les trente heures est désormais automatique et ne requiert plus qu’un réglage d’environs plus ou moins quatre minutes toutes les semaines ... Cette avance ou ce retard est dû à la dilatation des différents métaux composant les engrenages et la câblerie. Des centaines d’horloges, qui furent construites en Alsace au 19ème siècle, il n’en reste que quelques-unes qui fonctionnent encore avec leur mécanisme d’origine, dont celle de Luemschwiller.
Durant les années 2000 le vieux cadran en direction de la Rue de l'Ecole est lui aussi désolidarisé du mécanisme de l’horloge et remplacé par un cadran plus moderne qui fonctionne désormais à l’aide d’un boitier électronique wifi.  


Rythmant le temps, égrainé par son mécanisme plus que centenaire, l’horloge actionne les cloches du beffroi, donnant l’heure à la communauté depuis 155 ans. 
Lors de recherches aux Archives Départementales du Haut-Rhin à Colmar, on a découvert dans un dossier, tous les documents préalables à la construction d’une horloge neuve en l’église de Luemschwiller au courant de l’année 1860. 
Dans un devis de quatre pages, daté du 15 Juin 1860 (sous le règne de Napoléon III), d’une calligraphie impeccable, le constructeur, les Etablissements Ungerer Frères de Strasbourg proposent et font signer à Monsieur F.-J.Bueb, Maire de Luemschwiller, les détails estimatifs des travaux à exécuter pour la construction d’une horloge neuve et de son cout (1835 Francs ).